Deuxième jour du voyage. Une bonne nuit de sommeil n’a jamais fait de mal. Surtout en sachant que les jours qui viennent vont être remplis de visites en tout genre à Tokyo et aux alentours.

Japon 2010 – Jour numéro 2. Il est dix heures trente, le réveil sonne, après une nuit réparatrice. Même si j’ai ouvert les yeux deux ou trois fois cette nuit du fait du décalage horaire, j’ai plutôt bien dormi. Aujourd’hui, c’est une visite un peu particulière qui s’offre à moi, un moment que j’attends depuis quelques temps déjà. Même si je ne suis pas un fan absolu de manga, j’ai tout de même été bercé depuis ma tendre enfance par les dessins animés japonais – merci Dorothée. Cet après-midi, je vais me rendre à Akihabara, le quartier dédié notamment à la culture du Manga. J’ai rendez-vous à quatorze heures trente pour une visite du quartier dit « électrique » de Tokyo qui est devenu depuis déjà des années le lieu des passions en tous genres : jeux vidéo, manga, trains miniatures, informatique et téléphonie, robotique, j’en passe et des meilleurs.

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À cet instant, je déconnecte un peu de la réalité, je suis un peu comme un gosse […], je dois avoir les yeux qui brillent

AkihabaraJe quitte ma chambre vers onze heures trente. Arrivé sur place, j’ai plus de deux heures d’avance. Je décide donc d’aller faire un petit repérage et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’en prends alors plein les yeux et les oreilles. Si Shibuya m’a paru très dépaysant hier, Akihabara l’est encore plus. Les façades débordent de panneaux publicitaires colorés, les magasins qui jouxtent la gare sont remplis de produits issus de la culture du manga  : goodies, figurines, magazines, livres, …

Des immeubles de près de dix étages bourrés de boutiques, impressionnant. Je navigue joyeusement dans les rues et défilent devant mes yeux des bric à brac de matériels en tout genre, des game centers (salles d’arcades) sur plusieurs étages, des boutiques de jeux vidéo, des magasins de quincaillerie, une boulangerie Vie de France. À cet instant, je déconnecte un peu de la réalité, je suis un peu comme un gosse et je retourne en enfance, c’est sûr, je dois avoir les yeux qui brillent.

AkibaJe ne vous parle même pas de l’ambiance, une véritable ruche. Les rues grouillent de monde et les magasins sont remplis de passionnés. Partout, les baffles des différentes enseignent crachent des musiques entraînantes. Debout sur des petits tabourets, devant leurs boutiques, des employés interpellent les passants en hurlant leurs annonces dans des mégaphones. Une ambiance surréaliste !

Tous les vingt mètres, des filles déguisées en soubrettes distribuent des flyers. Ces maids sont là pour attirer les clients dans ce qu’on appelle ici des maid cafés, des endroits où vous pouvez jouer à la console ou aux fléchettes avec des filles en sirotant une boisson ou un café.

Après une petite demie heure, entre deux magasins, je vois un attroupement de personnes. À côté des distributeurs de paquets de cigarettes, les gens sont entassés et fument comme des pompiers puisqu’au Japon, il est interdit de fumer dans la rue, on y a créé par endroit des lieux réservés aux aficionados de la clope au bec.

Ramen au YodobashiIl est treize heures et je me dis alors que la visite ne nourrit pas son homme. En face de moi, le Yodobashi Akiba, un magasin proposant des milliers d’articles électroniques (entre autres) sur sept étages. Tout en haut s’y trouvent une bonne vingtaine de restaurants.

Mon choix est vite fait, je ne cherche pas la complication pour mon premier vrai repas sur le sol nippon, ce sera ramen et gyosa. Je m’installe au comptoir et c’est un véritable spectacle qui s’offre à moi : l’ambiance sonore est rythmée entre les salutations de bienvenue (« Irrashaimase ») à l’entrée de chaque nouveau client et de remerciements à sa sortie et le bruit des minuteurs pour la cuisson des nouilles. Rien à redire, ce repas est un délice, très loin de ce que j’ai pu goûter à Paris.

MaidL’estomac bien rempli, il est grand temps de retrouver mes compagnons d’aventures dont Cyril et Michael. Cette fois, nous sommes guidés par une maid. C’est munis d’un badge « Akiba tour » autour du cou que nous commençons notre tournée.

Moi qui crois avoir tout vu, je reste stupéfait lorsqu’on s’engouffrent dans une petite rue et qu’on empruntent un minuscule escalier qui nous mène tout droit dans un magasin commercialisant des articles du Moyen-Âge. Très peu pour moi. En face, des mini-caméras espion à fixer sur une cravate. Je passe mon tour aussi. On trouve de tout à Akihabara !.

Repas franco-japonaisÀ force de se balader de magasins en magasins, l’heure tourne et il est temps de faire un saut dans ma chambre prendre quelques souvenirs ramenés de France pour le dîner franco-japonais.

Après cette halte, direction Shinagawa où tout le monde est déjà là. Tomoe avec qui nous avons déjeuné hier nous guide jusqu’au restaurant où je me laisse tenter par le saké froid et le saké chaud, je n’en raffole pas. En revanche, je me délecte d’un verre de quelques verres d’umeshu, un alcool de prune avec un goût très sucré, c’est excellent. Bavardages, rigolades entre français et japonais, une soirée très sympathique. Il est à peine vingt deux heures et c’est alors qu’on nous demande de quitter les lieux.

Karaoke à ShibuyaUn peu tôt pour aller au lit n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas aller tester un karaoke ? Les japonais travaillant tous le lendemain, c’est donc entre français que nous filons droit sur Shibuya. La première chaîne de karaoke sur le chemin fera l’affaire.

C’est avec un peu de mal que nous réussissons à réserver une salle et c’est avec encore bien plus de peine qu’on comprend enfin comment fonctionne le mini-écran servant de télécommande puisque tous les menus étaient en japonais. Qu’à cela ne tienne, une fois lancé, pas question de s’arrêter, si certain(e)s ont décidé de prendre le dernier métro, impossible pour moi de ne pas poursuivre l’expérience, trop amusante pour y mettre un terme. C’est donc en comité restreint que nous poussons la chansonnette, allant même jusqu’à se lâcher totalement sur du Justin Bieber. J’ai des dossiers en vidéos !

Premier train à TokyoÀ presque quatre heures du matin et avant de prendre le premier métro, trop dur de résister à l’appelle d’un nouveau plat et on a juste eu à traverser la rue pour déguster un bol de katsudon. Après avoir repris des forces, direction la gare de Shibuya où les grilles ne sont pas encore ouvertes. Patience est le maître mot. C’est donc à côté des sans-abri et en compagnie de quelques rats qui déambulent nonchalamment devant nous que ma longue journée est sur le point de s’achever.

Déjà pas mal de souvenirs dans ma musette et je ne sais pas pourquoi, je ne me sens pas spécialement fatigué, trop excité d’être au Japon surement. La première rame de train est arrivée à quatre heures quarante. Petit challenge, réussir à ne pas louper le réveil demain à sept heures quinze pour partir visiter les temples et le grand bouddha de Kamakura.

Vais-je y arriver ? Vais-je m’assoupir dans la Yamanote me ramenant chez moi ? Cela risque d’être dur. Je vous donne rendez-vous dans le prochain billet où vous aurez les réponses et surtout où je vous parlerai d’un des côtés du Japon que j’apprécie le plus.

またね。*

 

* À plus

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