(Note de Rémy : ceci est un article invité de Benjamin du site japoncinema.com)

En cette période difficile, d’annulation des vols et de report de nos voyages, je voulais vous donner quelques idées de films pour enrichir votre expérience, avant de faire le grand saut au Japon.

Le cinéma a joué un rôle très important dans mon envie de voyager sur l’archipel.

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Comme toute forme d’art (une musique, un livre, un tableau), il représente pour moi un incroyable vecteur d’imagination et d’évasion….

Voir un film, c’est toujours une expérience individuelle.
Parce que personne n’aura exactement le même ressenti ni les mêmes émotions.

Et quand on me demande pourquoi j’aime le cinéma japonais, je fais toujours le lien avec ma passion pour le Japon.
Je ne peux pas dissocier les deux.

Mon intérêt pour ce pays est intimement lié à la découverte de son cinéma, et inversement.

Le cinéma m’a d’abord permis de me construire une image du Japon, forcément un peu idéalisé.

Mais surtout ?

Il m’a poussé à me bouger, à économiser puis acheter un billet d’avion.
Précieux sésame pour le grand départ et la promesse de belles aventures.

Aussi ?

À dépasser mes craintes pour découvrir ce nouveau pays, loin de la France et de ma famille. Et je n’ai pas été déçu !

Chacun possède sa propre histoire avec le cinéma japonais et c’est à vous de vous faire votre propre expérience.

Pour moi, deux points résument ce qu’il m’a apporté :

  • L’envie de voyager : même si la caméra est orientée, qu’il s’agit d’une représentation de la réalité, l’image ne ment pas.
    (Le cinéma japonais se caractérise d’ailleurs par très peu d’effets spéciaux.
    Il est authentique et reflète la beauté de ce pays, de ces nuances et de ses paradoxes.)
  • La découverte d’une culture étonnante : il s’agit d’un cinéma authentique qui reflète la richesse culturelle du pays.
    (Il se caractérise par sa diversité : les films de yakuza, les films fantastiques, les comédies satiriques, les films d’horreur, les films d’animation, le jidai-geki (sur l’histoire médiévale du Japon), le pinku eiga (cinéma érotique)…
    Il est courageux et n’hésite pas à nous mettre face à de graves problèmes de société qui nous poussent à la réflexion.)

Alors sans plus attendre, voici ma sélection de cinq films que je conseille de voir avant de vous envoler au Japon…

Ces longs métrages reflètent la réalité et caractérisent le Japon contemporain.

Le but ici ?

Vous donner envie de vous évader avant de pouvoir voyager.

1) The Taste of Tea

Une famille qui ne vous laissera pas indifférent

Ce que ce film m’a révélé du Japon

The Taste of Tea est le genre de film qui m’a donné envie d’aller habiter au Japon.

Une histoire simple et authentique…
Un récit magnifique qui tisse un lien sincère entre les gens, à l’enchevêtrement de leur histoire.

Le fil rouge ?

La maison de famille dans laquelle habite trois générations. On s’attache à chacun d’entre eux, à l’image de tous ces quidams que l’on rencontre sur l’archipel.

Comme dans un voyage, la contemplation est omniprésente.

On s’imprègne de chacun des lieux :

  • La maison
  • Le chemin

Et de tout ce qui rend cette oeuvre si attrayante :

  • Le vélo (un grand classique)
  • Tous ces bruits
  • Les couleurs si spécifiques à la campagne japonaise.

C’est le Japon que j’aime !

Sans oublier le second degré de l’affiche du film.

On découvre aussi un coté excentrique, exubérant, sans prise de tête, qui très présent chez les japonais.

Un coté qui m’a étonné lors de mon premier voyage, c’est cette capacité qu’avait mes amis japonais à se mettre en scène, à se tourner eux-même en dérision.

Ça peut paraître kitch vu de loin mais en réalité c’est toujours très drôle et appréciable.

Enfin, The Taste of Tea nous rappelle l’importance des valeurs, en particulier de la famille avec beaucoup de pureté et de poésie.

L’histoire

La famille Haruno habite une petite ville de montagne près de Tokyo.

Sachiko, la cadette de huit ans, cherche à faire disparaître son double géant. Hajime, son frère, lycéen, vit son premier amour.

Yoshiko, la mère, décide de sortir de sa retraite pour faire un retour très remarqué dans le monde du film d’animation, sous le regard de son mari, Nobuo, qui pratique l’hypnose thérapeutique.

Quant au grand-père, ses excentricités inquiètent toute la famille…

Bande annonce

2) L’été de Kikujiro

Un duo de chic et de choc

Ce que ce film m’a révélé du Japon

Avec comme point de départ le quartier d’Asukusa à Tokyo, ce film est un voyage initiatique à travers le Japon.

Le périple entre le jeune Masao et Takeshi Kitano va être marqué par la rencontre de personnages haut en couleur, comme on en croise beaucoup au Japon.

C’est tout le charme du film.

Montrer que derrière les barrières (du langage, de l’âge, des catégories professionnelles), la majorité des japonais sont bienveillants, simples et généreux.

D’ailleurs ?

Le Japon est le pays idéal pour un road trip.

Partir à l’aventure et mener aussi sa quête initiatique à la découverte des spécificités, des spécialités et à la rencontre des gens de chaque préfecture.

L’existence d’une douceur de vivre au quotidien, d’harmonie avec la nature, les hommes et les animaux est une réalité que je n’ai retrouvé dans aucun autre pays que j’ai visité.

A titre d’illustration ?

La rencontre de deux bikers, complètement à contre-emploi, dont la gentillesse et la volonté de tout faire pour distraire Masao est particulièrement touchante.

Le Japon est aussi un pays accessible : pas besoin de connaitre parfaitement sa culture ou de parler japonais pour en profiter pleinement.

L’histoire

Masao est un jeune garçon qui vit sans ses parents chez sa grand-mère à Tokyo.

C’est le début de l’été et il se retrouve seul car tous ses amis sont partis en vacances.

C’est alors qu’il trouve par hasard une photo de sa mère…

Le début d’une longue quête pour la retrouver.

Son partenaire de voyage est un ancien yakuza nommé Kikujiro, censé prendre soin de lui.

Une aventure qui les mènera au quatre coins du Japon.

La bande annonce

3) Les délices de Tokyo

Émotions intergénérationnelles

Ce que ce film m’a révélé du Japon

La beauté des paysages japonais serait-il un leurre ou une réalité ?

Certains plans du film sont inoubliables et mettent parfaitement en valeur la délicatesse qui règne dans le pays.

Même à Tokyo, dans cette mégalopole bouillonnante, il suffit de poser son regard pour le constater…

Lever la tête, prendre le temps d’observer les arbres, le mouvement des feuilles berçées par le vent, écouter les oiseaux, se perdre dans ce mélange fascinant et unique.

Ce film retranscrit non tout cela mais réussit le pari fou de le magnifier.

J’ai retrouvé ces sensations lors de mon voyage au Japon.

Je suis vite tombé amoureux.
De ces paysages.
De ces couleurs, si différentes selon les saisons.

J’aime aussi la mise en avant de la dimension épicurienne de ce pays, à travers l’amour de la cuisine.

La nourriture japonaise dans toute sa diversité et son raffinement, est une des richesses de ce pays.

Mais derrière cette apparente délicatesse s’oppose la brutalité de la société.

Car non.

La société japonaise n’est pas parfaite.
Les messages se trouvent aussi dans le silence.

Ce film montre le lien complexe entre trois générations….

… l’effort au travail des personnes âgées

… l’isolement

… les vieux démons

… la transmission du savoir qui se perd

… l’effort de solidarité qu’il reste à accomplir.

L’histoire

Tokue, une femme de 70 ans, va tenter de convaincre Sentaro, un vendeur de dorayakis (pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits) à Tokyo, de l’embaucher.

La bande annonce

4) Lost in Translation

Seul au monde ?

Ce que ce film m’a révélé du Japon

Ce film, c’est toujours un peu comme une première fois.

Unique.

Il se ressent autant qu’il se regarde.

Vous l’avez vu ?
Alors c’est l’occasion inespérée de déceler tous les petits détails que vous auriez raté auparavant.

Aucun film ne retranscrit aussi bien l’impression que l’on a quand on arrive au Japon pour la première fois, quand on découvre Tokyo, fatigué par son voyage mais émerveillé face à cette découverte de chaque instant.

La scène d’ouverture montre parfaitement ce que l’on ressent quand on arrive pour la première fois dans la capitale niponne.

La nuit et le jeu des lumières renforcent encore cette impression. Toutes les scènes où on suit Charlotte dans la ville sont saisissantes de réalisme.

De la ligne de train Yamanote, aux salles d’arcade, du célèbre cross de Shibuya aux ruelles électriques de Shinjuku, l’ambiance et les nuances de Tokyo sont retranscrites par la magicienne Sofia Coppola.

Lost in translation est le film idéal pour vous donner une idée de tout que vous allez vivre et ressentir lors de votre premier séjour au Japon. Toutes ces situations que la barrière du langage et la différence de culture rendent inoubliable.

Le film traite aussi d’un point dont on ne parle pas souvent derrière la vitrine des réseaux sociaux.

Ce sentiment de solitude qui se cache derrière un voyage dans un pays inconnu ?

Il faut apprendre à l’apprivoiser pour le dépasser.

Au Japon, Bob ne trouve pas l’énergie pour profiter de son voyage, qu’il vit passivement, comme une contrainte.

La raison de sa présence ici : le tournage d’une publicité et la participation à une émission TV.

Charlotte, elle, est délaissée par son mari photographe qu’elle accompagne dans ce pays.

Comme dans le film, la solitude n’est pas une fin en soi. Elle est provisoire et débouche sur les plus belles choses.

Des rencontres éphémères qui vous marquent à vie.

Ce film nous montre que tout voyage est une incroyable porte ouverte sur le monde et toujours une source d’opportunités, de rencontres inopinées et d’expériences.

L’histoire

Bob Harris est un acteur américain dont la carrière semble s’essouffler. Il part à Tokyo tourner un spot publicitaire, non seulement pour gagner de l’argent mais également pour s’éloigner de sa femme.

Sur place, il a bien du mal à s’accoutumer à la ville et passe la majorité de son temps dans son hôtel de luxe.

Il y rencontrera Charlotte, une jeune américaine tout juste diplômée qui est venue accompagner son mari photographe.

La bande annonce

5) Senses

Ce que ce film m’a révélé du Japon

Ce film nous emmène dans la ville de Kobe, bien loin des lieux touristiques.

A l’inverse de Lost in Translation, le spectateur est placé ici comme étant un habitant de la ville.

Le point commun pourtant entre les deux œuvres ?

C’est cette impression d’immersion, totale, que j’adore dans le cinéma.

Senses, c’est le Japon que l’on perçoit quand on reste plus d’un mois sur place.

Il dépasse les clichés pour nous montrer la réalité de la vie quotidienne des japonais.

On retrouve tous les lieux quotidiens des locaux, des maisons exiguës du centre, aux soirées dans les boites de nuit nichées sous la ville, en passant par un week-end dans la station thermale d’Arima, célèbre pour ses onsens.

Cette proximité peut être déroutante et loin de l’image lisse que l’on se fait du Japon mais elle colle parfaitement à la réalité.

À la frontière avec le documentaire, ce film (sous format de série en 5 épisodes) nous livre des tranches de vie.

Il ne triche pas et tente de nous montrer ce qui se cache derrière les apparences.

On est loin des clichés sur les amourettes au Japon sous les sakura présentés par certains films.
(Certaines barrières de la personnalité des japonais sont encore souvent incomprises en France.
Il faut aller au delà, approfondir, pour découvrir qu’ils jouissent d’un art de vivre unique au monde.)

L’histoire

Quatre femmes partagent une amitié forte.

Du moins, le croient-elles…

Quand l’une d’entre elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille et certaines failles apparaissent.

Chacune ouvre alors les yeux sur sa vie et prend conscience qu’il est temps d’écouter ses propres émotions.

La bande annonce

N’hésite pas à faire un tour sur mon site japoncinema.com

Je serai content d’échanger avec vous et savoir quels sont vos films favoris.